Hasard et Confinement

Le 14 avril dernier, en pleine crise sanitaire, confinement depuis des semaines, manque flagrant de contact humain, peur grandissante de finir seule — m'imaginant Hasard ayant été pris de court par Confinement — j'ai ressenti l'envie d'écrire et de le trouver. Enfin.


Voici ce que j'ai écrit ce jour là :

À chaque fois que je tombe malade, j’ai cette même réflexion qui me revient en tête « on ne profite pas assez quand on est en bonne santé ». Non que j’ai été très souvent malade, une fracture, si on peut appeler cela une maladie, tout au plus. Mais c’est fou comme à la seconde où je me sens basculer, j’ai cette pensée qui me vient.

Et ça n’a pas loupé lorsque notre monde s’est confiné. Je n’ai pas pensé au pourquoi du comment mais à cette phrase, comme une rengaine de vielle dame épiant la vie sous ses fenêtres : « on ne profite pas assez quand on est en bonne santé. » À toutes ces soirées annulées, ces rendez-vous repoussés, ces balades retardées, pour rester chez soi. Et aujourd’hui, qu’en est-il ?

À chaque fois que je dois inscrire la date, le jour passe encore, mais le mois reste inflexiblement bloqué sur mars. Comme si, ne l’ayant vécu que partiellement, ce mois n’avait pas été consommé. Comme lorsque j’étais enfant, si je n’avais pas soufflé mes bougies d’anniversaire, je n’avais pas pris cette fameuse année, tant attendue, snobée pour finir redoutée. Comme si, le fait de s’être arrêtée de courir après le temps, on me l’avait volé. Ces petits bouts de nos vies qui s’égrainent à chaque instant, sans les emplir de tout ce qui nous comble. Malgré tout ce qu’on en dit, le temps, la vie, la beauté de l’instant qui s’écoule sans début ni fin. Et si ça ne me suffisait pas en fin de compte ? Moi la casanière du bout du monde, la mono sujet systématique jusqu’à celui d’après, la rêveuse ancrée, la rieuse muette. Et si, finalement, j’en voulais plus de miettes. Ne pas voir passer les heures, se dire « on est déjà dimanche » et redouter inlassablement le lundi.

On ne profite pas assez quand on est en bonne santé.


Et 3 jours après, Hasard reprenait du service. Non content d'avoir détourné les plans de Confinement et prêt à tordre le coup à Tropbeaupourêtrevrai.


"Si des mots peuvent faire tourner la tête, imaginez donc le choc de deux regards qui se croiseront pour la première fois après avoir échangé des semaines et des semaines durant."


Deux mois, de bonjour et bonne nuit — de mots à peau, de toi et moi à nous, de journées en trajets, de souhaits dans les yeux, d'images en odeurs, d'envies à sensations, d'espoir à projets, de smiley en fous rires, de victoires en défis, de premières en habitudes, de voix en baisers, de frustrations en impatiences, de désir en manque, de moments en musiques, de rêves en réalité — plus tard :

Je peux enfin dire ça y est, je l'ai trouvé ! Je suis pleinement heureuse. Je n'ai pas attendu de le rencontrer pour l'être mais avec lui tout l'est tellement plus encore. Il a ajouté de la douceur à mes jours et des heures à mes nuits. Il a chamboulé ma vie, quoi qu'on en dise, du temps et de ses certitudes. Mais au fond, sait-on vraiment un jour ?


Je finirai par ses mots :

"Ou alors j'ai un don pour te percer à jour."

Je crois que c'est ça en fait, la clé. Être soi. Tout simplement.

 

Vous souhaitez écrire, seul ou guidé, abonnez-vous à l'infolettre et recevez chaque mois un petit jeu d'écriture pour vous lancer ou reprendre goût à l'écriture !


Vous souhaitez fixer un instant de vie par écrit, pour ne jamais oublier ce que vous avez ressenti, contactez-moi via le formulaire en page d'accueil !


Vous appréciez cet article, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire, je me ferai un plaisir de vous lire !


Une envie, une idée, un projet, parlons-en !

Adeline - lachambardeuse

57 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout